Les 7 fausses bonnes idées pour la biodiversité en entreprise (et ce qu'on peut vraiment faire)

Peut-on vraiment agir pour la biodiversité depuis son bureau ?
Les engagements en faveur de la biodiversité des entreprises sont-ils toujours utiles… ou parfois à côté de la plaque ?
On démêle le vrai du faux avec Hugues Mouret, naturaliste et fondateur de l’association Arthropologia. Un épisode qui vous aidera à voir plus clair, et à passer à l’action – pour de vrai.

 Dans cet épisode  :

 

Biodiversité en entreprise : pourquoi c’est important (et urgent) ?

 

La protection du vivant n’est pas une option. Pourtant, en entreprise, on a parfois du mal à voir comment agir concrètement.

 

  • La biodiversité, ce n’est pas que les abeilles. Elle englobe l’ensemble du Vivant : insectes, oiseaux, plantes, micro-organismes… et sans elle, pas de pollinisation, pas de régulation des sols, pas d’équilibres naturels.

 

  • On parle souvent de CO2, mais rarement du Vivant. Pourtant, les deux sont liés : la destruction des habitats, les pollutions et l’agriculture industrielle contribuent à la fois à la crise climatique et à l’effondrement de la biodiversité.

 

  • Chaque entreprise a un rôle à jouer, même sans être dans l’agroalimentaire ou l’industrie. C’est une question d’espace, de pratiques… et de cohérence avec ses valeurs. 

 

De fausses bonnes idées (ou pas) pour la biodiversité en entreprise

 

Certaines pratiques sont bien intentionnées… mais pas toujours pertinentes. Voici ce que nous dit Hugues Mouret à leur sujet :

  • Installer une ruche  → Pas forcément. Les abeilles domestiques ne sont pas menacées. Elles peuvent même entrer en compétition avec les pollinisateurs sauvages, déjà en déclin.

 

  • Un hôtel à insectes  → Utile… pour que les humains observent des insectes communs. Mais il a peu d'intérêt pour la biodiversité.

 

  • L’éco-pâturage → Plutôt une bonne idée, à condition de bien choisir les espèces (pas que des moutons) et d’intégrer cette pratique dans une gestion différenciée des espaces.

 

  • Fauche tardive → Oui et non, certaines espèces ont aussi besoin d'herbes hautes après la période de "fauche tardive". Le mieux c'est de faire tourner la gestion des espaces pour toujours laisser des espaces naturels variés.

 

  • Organiser une clean walk une fois par an → C’est un bon début, mais l’impact vient surtout de la régularité. Et cela permet aussi de sensibiliser aux déchets et aux comportements pour gérer le problème à la source.

 

  • Le papier ensemencé  → Complètement gadget, le papier se recycle ou peut se composter naturellement. Mieux vaut une vraie réflexion sur l’usage du papier et des matériaux.

 

  • Éteindre les lumières la nuit des parkings et vitrines → Oui, mille fois oui. Moins de pollution lumineuse, c’est bon pour les insectes, les oiseaux, l’énergie… et même pour les voisins.

 

Ce qu’on peut vraiment faire pour protéger le Vivant en entreprise 

 

Hugues Mouret insiste : il ne faut pas chercher la solution miracle. Il faut faire moins, mais mieux, et surtout avec compréhension du vivant.

 

  • Pratiquer la gestion différenciée : arrêter de tout tondre, de tout tailler. Laisser des zones en friche, ne faire que 1 ou 2 fauches par an. Et si on a un prestataire d’entretien : le briefer, ou en changer.

 

  • Se former, ou se faire accompagner : des assos comme Arthropologia peuvent aider à comprendre les micro-habitats, à rédiger un bon cahier des charges ou à former vos équipes.

 

  • Valoriser la diversité des espaces : mélanger arbres, arbustes et zones herbacées, créer des haies naturelles ou des bosquets, laisser des zones non aménagées volontairement.

 

  • Limiter les produits toxiques : éviter les pesticides et perturbateurs endocriniens dans l’entretien, les fournitures, les produits d’entretien.

 

  • Favoriser une alimentation locale et sans pesticides : via des paniers en commun, un petit marché de producteurs bio, ou simplement en sensibilisant autour de soi.

 

 

 

 Passez à l'action !

3 façons de déconstruire le sexisme au travail :

  • A votre niveau personnel : Se reconnecter au Vivant en l'observant ; mieux on le connait et plus on s'émerveille et on souhaite le protéger. Eviter d'acheter des produits toxiques, qui vont avoir un effet néfaste sur le Vivant.

 

  • Au niveau collectif : S'organiser entre collègues pour commander ensemble des produits sans pesticides (paniers bio, achats groupés...) ou encore organiser régulièrement des nettoyages de la nature et interpeller les personnes qui jettent.

 

  • Au niveau de son entreprise : Si vous avez des espaces verts, mettre en place une gestion différenciée et valider cela avec le prestataire (se faire accompagner au démarrage par des experts du sujet).
    Si vous n'avez pas d'espaces verts, semez des graines mélifères autour de l'entreprise ou dans des jardinières. Elles serviront à nourrir et peut-être abriter quelques insectes.

 

Pour en savoir plus, écoutez l'épisode :


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