Comment collaborer avec la RSE, quand on en fait pas partie ?

 

Peut-on agir pour l'écologie au travail sans faire partie du service RSE ?

C'est une question que beaucoup se posent, et les transitions professionnelle dans ce domaine sont de plus en plus nombreuses.

Mais d'autres voies existent pour se mettre au service de l'impact.

 

Dans cet échange, Suzon, chef de projet, et Delphine, membre du service Environnement, nous racontent comment comment fonctionnent les collaborations entre équipes opérationnelles et RSE.

À travers leur expérience dans une entreprise du secteur de l'énergie, elles expliquent aussi comment un collectif de salariés motivés peut devenir un véritable moteur de changement.

 

 

 Dans cet épisode  :

   

 La RSE : un chef d'orchestre, mais pas le seul acteur

 

On pourrait penser que seules les personnes travaillant dans la RSE ou la direction environnement d'une entreprise ont le pouvoir d'agir pour l'écologie. Pourtant, ce n’est pas le cas !

 

La RSE joue un rôle clé, mais elle s’appuie sur l’ensemble des services et collaborateurs pour réussir.
Voici comment la collaboration se met en place dans certaines entreprises, et comment chacun peut contribuer à des actions écologiques, même en dehors du service RSE :

 

  • Définir des axes prioritaires : Dans l’entreprise de Delphine et Suzon, la direction environnement a défini trois grands axes d’action et une feuille de route avec des objectifs précis. Puis chaque direction de l'entreprise est sollicitée pour répondre à ces objectifs dans le cadre de leurs fonctions.

  • Des initiatives partagées : Bien que la direction environnement coordonne les actions, elle n’est pas la seule à proposer des projets. Par exemple, la direction de l'innovation et d’autres services peuvent mener des initiatives environnementales. Cela permet une dynamique collaborative où chaque acteur peut s'impliquer.

  • Un rôle actif pour tous les salariés : les salariés aussi ont un rôle à jouer ; même sans faire partie de la RSE, ils peuvent remonter des idées, proposer des solutions sur le terrain et agir en tant que relais pour les actions écologiques de l'entreprise. Comme l'explique Suzon, chef de projet, son engagement dans un collectif de salariés lui permet de contribuer activement à des projets environnementaux en dehors de son rôle officiel.

Ce modèle montre que la transition écologique en entreprise repose sur une collaboration active entre la RSE, les autres départements et les salariés eux-mêmes.

 

 

 Le rôle d'un collectif de salariés

 

 Le collectif de salariés rassemble des collaborateurs aux valeurs communes concernant l'écologie, crée un espace d'échange et de dialogue avec la direction et permet de proposer des idées innovantes pour l'environnement.

 

Quelques fonctions clés du collectif de Suzon et Delphine :

  • Remonter des étonnements : Les salariés peuvent poser des questions et exprimer leurs préoccupations sur les décisions de l'entreprise, même si elles ne semblent pas alignées avec les valeurs environnementales. Cela ouvre un dialogue constructif avec la direction.
  • Apporter des idées et des actions : Même si elles ne sont pas alignées avec la feuille de route officielle, les bonnes idées doivent être partagées. Cela contribue à enrichir la stratégie RSE de l'entreprise.

  • Créer des espaces d'échange : En formant des groupes de discussion, les salariés peuvent valider et creuser leurs idées entre eux, et obtenir des perspectives différentes, renforçant ainsi la pertinence de leurs propositions.

 

  

Les défis de la légitimité : s'imposer sans perdre en légitimité

 

Lorsque des salariés passionnés par les questions écologiques souhaitent faire remonter des idées ou des améliorations dans leur entreprise, la question de la légitimité peut rapidement se poser.

 

Le manque de connaissances approfondies, la crainte de ne pas être pris au sérieux ou encore l’éventualité de se voir étiqueté comme « l’écolo de service » sont autant de barrières à surmonter.

 

 

  • La crainte de ne pas être assez expert

    Beaucoup de salariés intéressés par l'écologie, même bien informés, se sentent parfois insuffisamment formés pour challenger leur entreprise ou proposer des solutions. Cela peut freiner la remontée d’idées pertinentes par peur de ne pas avoir les compétences nécessaires pour être pris au sérieux.

    L'un des moyens de renforcer la légitimité est de s’appuyer sur un collectif de salariés partageant les mêmes préoccupations. En partageant ses étonnements avec d'autres, il est possible de vérifier la pertinence d'une observation et de la faire remonter collectivement, ce qui lui donne plus de poids face à la direction.

    Il est important de ne pas arriver en tant qu’« expert » mais plutôt avec une posture de questionnement. Exprimer un étonnement plutôt qu’une certitude permet d’ouvrir un dialogue constructif. Comme Suzon l’illustre, dire « cela nous étonne, est-ce qu’on pourrait en discuter ? » est souvent mieux accueilli que d’affirmer directement que quelque chose ne fonctionne pas.

  • Le risque de perdre en légitimité professionnelle

    Trop parler d'environnement, surtout dans un contexte technique ou industriel, peut affecter la légitimité professionnelle. Comme l’explique Suzon, il est possible que l’on soit perçu comme moins compétent sur son propre domaine si l’on consacre trop d’énergie aux questions écologiques, ce qui peut nuire à la crédibilité.

    Pour être crédible sur des questions environnementales, il faut d'abord montrer que l’on maîtrise parfaitement les aspects techniques et historiques des projets de l'entreprise. C’est en démontrant une compréhension globale des enjeux qu’il devient possible de proposer des évolutions environnementales sans risquer d’être catalogué comme « l’écolo qui freine les projets ».

 

 Pour en savoir plus, écoutez l'épisode :


3 niveaux d'action pour collaborer avec la RSE :

 

  • A votre niveau individuel :  engagez le dialogue avec votre service RSE

 Prenez l’initiative de solliciter le service RSE de votre entreprise, ou à défaut la direction, pour mieux comprendre ses missions et sa stratégie en matière d’écologie.
Posez des questions, exprimez vos étonnements.
C’est une manière simple de voir comment, dans votre métier, vous pouvez apporter votre contribution à l’effort écologique global.

 

  • Au niveau collectif : créez des espaces d'échange avec vos collègues

Rassemblez des collègues, partenaires ou membres de l’entreprise venant de métiers différents et créez un espace de discussion.

Cette collaboration enrichira la pertinence des idées et des étonnements que vous pourriez remonter à la direction.

En plus, travailler en équipe est utile pour monter des projets écolos, surtout lorsque vous ne possédez pas toutes les compétences ou les connaissances nécessaires.

 

 

  • Dans toute l'entreprise : proposez un mode de collaboration aux collaborateurs autour de l'écologie

Suggérez à votre entreprise de structurer un mode de collaboration pour rassembler les collaborateurs motivés par les enjeux écologiques au travail.

Cela permettrait de constituer un réseau de relais motivés dans différents services, contribuant à la mise en œuvre d’un plan d’action écolo.

Ce type de démarche apporte du sens au travail quotidien de ces salariés et renforce la fidélisation d’une catégorie de collaborateurs de plus en plus nombreux, ce qui profite aussi à la marque employeur. 


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