On imagine souvent que nettoyer l’océan à la main serait un geste héroïque… mais est-ce vraiment efficace ?
Dans ce nouvel épisode d’Ecolo au boulot, Claire Thibaud, chargée de développement territorial pour Wings of the Ocean, raconte comment l’association est passée du ramassage des déchets en mer à des actions beaucoup plus stratégiques pour lutter contre la pollution plastique.
Du voilier Kraken aux littoraux : apprendre en expérimentant
En 2018, Wings of the Ocean acquiert le Kraken, un voilier emblématique, pour ramasser les déchets flottants en Méditerranée, la mer la plus polluée au monde.
Rapidement, le constat tombe : seulement 1 % des déchets se trouvent en surface.
Le ramassage en mer est énergivore, limité et peu visible pour le public.
« Il faut des quantités d'énergie fossiles, humaines considérables pour pouvoir larguer un bateau comme le Kraken en Méditerranée, pour récupérer une quantité de déchets qui n'était pas du tout à la hauteur des moyens qu'on avait mis en œuvre. » – Claire Thibaud
Cette prise de conscience a amené l’association à réorienter ses efforts vers les littoraux et les bassins versants, là où les déchets commencent leur chemin vers l’océan. Le geste isolé devient alors partie d’un dispositif plus large, combinant ramassage, caractérisation scientifique et collecte de données.
Collecter des données pour mieux agir
Chaque déchet ramassé est analysé, catégorisé et intégré dans une base de données partagée avec d’autres associations, le CNRS et des institutions publiques.
Cette approche permet de :
- Identifier les sources de pollution
- Alimenter des argumentaires pour la sensibilisation et le plaidoyer
- Consolider l’action collective et scientifique
« Sur Terre, on a beaucoup de ramassage de déchets avec de la collecte de données. Et ce sont ces données qui nous permettent d'avoir de la crédibilité, de la légitimité et de pouvoir ensuite appuyer des arguments. »
L'importance d'un objet symbole dans la sensibilisation
Le Kraken, même s’il ne sert plus au ramassage principal, reste un symbole puissant : il accueille bénévoles, scolaires et grand public pour découvrir la pollution plastique et apprendre à agir.
Pour les entreprises, il existe des moyens concrets de s’impliquer :
- Limiter les emballages et réduire la production de plastique
- Sensibiliser collaborateurs et équipes via des actions concrètes de ramassage de déchets
- Soutenir des initiatives comme Wings of the Ocean pour amplifier l’impact collectif
Organiser une opération de collecte de déchets est également un symbole puissant : on est visibles dans la rue, on passe le message de la pollution liée aux déchets dans l'environnement et au passage on en enlève une partie (environ 30 kg de déchets en 1h30 pour un groupe de 20) qui peut être analysée et servir à réduire la pollution à la source. Pour les participants, c'est un événement fédérateur auquel on peut se raccrocher par la suite.
Agir sans se décourager
Agir pour l’océan peut sembler dérisoire face à l’ampleur de la pollution.
Claire évoque l’éco-anxiété et les moments de doute :
« On se pose la question tout le temps de, est-ce que ce qu'on fait, ça sert à quelque chose? Est-ce qu'on a envie d'arrêter? Mais la réponse, c'est toujours qu'on va continuer et qu'on arrêtera pas de trouver de nouvelles manières d'aller protéger l'océan. »
Les actions de Wings of the Ocean montrent qu’en apprenant, en ajustant ses méthodes et en mobilisant le collectif, les petits gestes peuvent avoir un impact significatif.
Écoutez le podcast sur votre plateforme préférée :
Pourquoi écouter cet épisode ?
- Apprendre à dépasser limites d’une action isolée
- L’intérêt de collecter des données pour guider les décisions
- Le rôle des entreprises dans la prévention de la pollution plastique
- L’impact d’un symbole comme le Kraken pour mobiliser et inspirer
Découvrir d'autres épisodes :
Vous avez aimé cet épisode ?
Abonnez-vous au podcast sur votre plateforme d'écoute préférée pour être au courant de la sortie des prochains épisodes :










Écrire commentaire